Groupement Paroissial d'Aubergenville

Homélie Père Bonafé lors du rassemblement diocésain

Transmettre la foi à ses petits-enfants.

Père Patrick Bonafé          12 mai 2015
Notre Dame de Bon Secours
HOMELIE
Mouvement Chrétien des Retraités


1 – Probablement êtes-vous tous parents, grands-parents, peut-être même arrière-grands-parents. Vous êtes animés d’une réelle foi au Christ, votre engagement au sein du MCR en est une attestation. Alors, tout naturellement, vous êtes inquiets de transmettre à votre descendance la foi qui vous anime.
Certainement, êtes-vous préoccupés, car pour beaucoup, vos enfants n’ont plus de lien avec l’Eglise, vos petits-enfants ne sont pas tous baptisés, très peu ont été catéchisés, rares sont ceux qui se donnent le sacrement de mariage.

Et probablement, vous avez la douleur de voir plusieurs de vos enfants et petits-enfants ne pas se marier et nouer des relations amoureuses qui ne durent pas et je n’ai pas encore prononcé le mot qui pour vous évoque tant de tristesse : divorce.

Sombre tableau, causes de beaucoup d’inquiétude, avec cette question : Que dois-je faire ? Que dire à mes enfants et petits-enfants pour qu’ils vivent des repères de ma vie chrétienne ?


Posées ainsi, ces questions légitimes ont toutes les chances de conduire cependant à l’échec. Dit ainsi, le désir qui vous anime risque de produire l’effet inverse de celui escompté. Et d’ailleurs, le nombre d’enfants baptisés ne fait que s’effondrer aussi vite que celui des mariages religieux : 25% des naissances et des mariages.


2 – Les raisons de ce qu’il nous faut bien nommer comme un échec sont nombreuses : évolution des mentalités ; nouvelles technologies qui donnent à chaque homme l’illusion d’être tout puissant ; consumérisme et matérialisme qui éloignent « des choses de l’Esprit » ; athéisme que sous-tendent bien des programmes scolaires ; graves insuffisances de notre part, nous, prêtres, dans les 40 dernières années et peut-être une petite dose de responsabilité de votre part … Vous voyez, les fautifs sont nombreux et encore je n’ai fait que survoler les causes.

 

Survoler car cela ne mérite en vérité pas davantage. Il n’est plus temps de rechercher les responsabilités et les causes collectives ou individuelles de la déchristianisation de nos familles. L’urgence est ailleurs ! Que faire, que dire ? Ce sont les seules questions qui vaillent.
J’ai dit tout-à-l‘heure que vouloir conduire vos enfants et petits-enfants à la vie chrétienne peut être un échec et même peut produire l‘effet inverse de celui escompté et je persiste.
Tout d’abord car les influences contraires auxquelles ils sont soumis sont trop puissantes pour que vous puissiez vous y opposer. Vous ne pouvez pas l’impossible.
Et surtout parce que dans le tableau que j’ai dressé, volontairement sombre, c’est l’inquiétude qui domine.
Or, nous ne témoignons pas non plus du Christ parce que nous avons peur de voir nos convictions profondes disparaître.
Nous ne témoignons pas du Christ parce que nous avons la crainte que les plus jeunes générations ne vivent pas comme nous.
Le moteur du témoignage, la force qui nous pousse à parler du Christ, de notre foi, du baptême, du mariage, de la fidélité, n’est pas la peur mais l’amour de Dieu.
Et cela change tout.


3 – Témoigner de sa foi est très difficile et pour vous, témoigner dans votre famille est encore plus difficile car « nul n’est prophète en son pays » disait le Christ.
Il y a toujours dans le lien des parents et grands-parents à leur descendance, le désir de leur donner le meilleur ET la crainte que cela ne se réalise pas. Or la crainte, la peur sont les pires conseillères. Pour témoigner, cherchons alors ensemble à surmonter nos peurs, à laisser de côté nos craintes et à nous mettre à l’école du Saint Esprit.
Justement  : vous avez retenu le texte des Noces de Cana. Ce texte, l’un des plus riches de l’évangéliste St Jean, traite du mariage certes, mais aussi de l’Eglise, de l’Eucharistie (repas et vin), du baptême, de l’annonce de la mort et de la Résurrection, du témoignage de foi et d’autres thèmes riches.


Arrêtons-nous sur quelques aspects que ce texte dresse :
Des noces, dont il n’est rien dit sur les mariés mais dont l’homme et la femme mis en avant sont Jésus et sa mère. La tradition voit ici symbolisé le lien sponsal entre le Christ et son Eglise. Des invités qui semblent nombreux et qui pourraient figurer les Nations en attente de la Bonne Nouvelle. Des disciples qui viennent à peine d’être appelés à suivre Jésus et qui, à l’issue de cet épisode, « crurent en Lui » comme le dit Saint Jean.
Marie est la figure de l’Eglise que nous formons tous. Voyons comment elle intervient pour que les disciples croient ; nous comprenons donc mieux comment les membres de l’Eglise que nous sommes sont appelés à conduire les hommes à croire à leur tour. A proprement parler, elle ne fait rien, elle impose encore moins. Elle désigne son Fils et dit « Faites tout ce qu’il dira ». Pas d’autres autorités que celle du témoignage de la mère qui connait son Fils qu’elle a porté en elle et élevé. Elle dit ce qu’elle sait car cela vient de son expérience. Elle dit ce qu’elle croit car elle a confiance en l’action de l’Esprit, et pour cause !


Expérience et confiance : voilà ce dont elle témoigne. Alors les serviteurs vont la croire et obéir à ce que le Christ leur dira.
En conséquence les disciples croiront et l’enchaînement est comme logique et ne rencontre pas d’obstacle.


Quel enseignement pour nous  ! Les seules paroles de témoignages que nous devons prononcer sont celles qui disent notre propre expérience de Dieu et notre confiance en Lui.
Que nous parlions à des inconnus ou à des membres de notre famille, ne cherchons pas à faire leur bien malgré eux, ne cherchons pas à leur imposer nos démarches de foi, nos sacrements ou nos repères de morale, aussi juste et beau tout cela peut-il être.
Parlons de notre expérience intime du Christ, comme une mère parle de l’enfant qu’elle a porté et élevé.
Parlons de notre confiance en Dieu, elle est tout l’inverse de la peur.
Alors nous désignerons le Christ à ceux que nous aimons et pour qui nous souhaitons le meilleur.

 

Qu’ils écoutent sa parole s’adresser à eux directement, qu’ils l’entendent leur offrir son sang pour annoncer, dont le vin de Cana est le signe, qu’ils comprennent par eux-mêmes qu’ils peuvent avoir part à sa gloire comme il l’a manifesté à ce banquet de Noces.
Alors, à leur tour, ils voudront s’unir au Christ qui sauve par le Baptême ; alors ils voudront faire de leur amour humain le sacrement de l’union du Christ et de son Eglise par le mariage ; alors ils voudront à leur tour être des membres actifs de l’Eglise, heureux de désigner à d’autres celui qu’ils aimeront.
Mais tout cela, vous le comprenez bien, est l’affaire de leur liberté.
Alors ne nous trompons pas et donnons-leur le goût et le désir d’exercer leur liberté à leur tour avant de leur expliquer les modalités pour le faire.
Comme Marie, faisons confiance à l’Esprit.


 


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