Groupement Paroissial d'Aubergenville

Epône, église Saint Béat

Eglise d’Epône

Une donation faite au Chapitre de Notre Dame fait mention en 984 de la consécration à St Béat.

 

L’Eglise

C’est en 982 que l’église d’Epône aurait été dédiée à Saint Béat. Une donation faite au chapitre de Notre-Dame en fait mention en 984. Vers 1075, l’on songe à la rebâtir, sur modèle des églises carolingiennes. Sa trace fut retrouvée à l’occasion de fouilles. Elle était composée d’une nef étroite, d’un clocher en demi-cercle et petites chapelles attenantes. Il semble que la nouvelle église - presque l’actuelle - ait été terminée vers 1140 - 1150.

Le clocher-tour octogonal, de style roman, daté de la même époque, comporte sur chaque face deux étages de baies encadrées de colonnettes. La tradition veut que la haute flèche de pierre ait été édifiée, comme seize autres clochers du Vexin et du Pincerais, par Agnès de Montfort, épouse de Galeran Il de Meulan. Des trois cloches qui s’y trouvent, la première, une cloche magnifique, coulée sur place et appelée Béate, fut hissée solennellement dans Épône en liesse en 1597.

 

Décorée d’une Vierge à l’enfant, d’une curieuse croix en cinq parties montée sur un triple piédestal, ornée d’un agneau pascal et des sceaux du chapitre de Notre-Dame, de la fabrique paroissiale et d’autres familles, elle constitue "le plus beau fleuron d’un patrimoine épônois bien amenuisé par les ans et les hommes". (D. Bricon, op cité).

Les deux autres cloches, Adolphine Emma Alphonsine et Alphonsine Adolphine Emma, ont été toutes deux coulées et bénites en 1901. La nef lambrissée en forme de carène renversée et dotée de sablières moulurées avec entraits et poinçons est du XVIème siècle. Les trois portails, dont celui qui constitue l’entrée actuelle de l’église, en plein cintre avec voussures, et un autre avec ses chapiteaux ornés de feuilles d’eau, aujourd’hui muré, datent du XIIème siècle.

Sur un autre chapiteau, qui devait probablement orner une colonne de l’église à l’origine, figurent deux sirènes ailées qui font penser à la source auprès de laquelle l’église a été construite, ainsi qu’aux représentations qui évoquent un désordre contre-nature, caractéristique du mal. Sous la tour du clocher le tympan d’une ancienne porte romane est formé de petites pierre taillées en losanges. Le chœur date du XIIIème siècle. Son rehaussement, en revanche, eut lieu au XVIIème, après la construction de la chapelle de la Vierge (XVIème s.).

Les fonts baptismaux, cuve octogonale sur un support en balustre ornée de feuilles de chênes et de marronniers, est du XVIIème siècle. Appliquées sur les panneaux de la chaire, de facture relativement moderne, les figurines que l’on voit sont des vestiges de l’ancienne chaire donnée par Thiboust de la Fontaine, curé de la paroisse de 1621 à 1636, qui fit beaucoup pour celle-ci et dont on peut lire l’épitaphe sur la dalle funéraire qui perpétue sa mémoire. Une pierre tombale, celle-là au nom de Jacques Thiboust l’aîné, décédé en 1544, représente l’effigie du procureur fiscal du chapitre de Notre-Dame de Paris sous un dais d’architecture.

 

Parmi les statues qui ornent l’église, retenons la Vierge à l’enfant dans la chapelle du même nom et deux statues de Saint Béat, dont l’une est située dans la chapelle Saint Germain, dans le fond gauche de l’église, toujours bien fleurie, où l’on vénère aujourd’hui Notre-Dame de Fatima, l’autre, plus petit, à l’angle d’un pilier, à droite en entrant dans l’église par le porche latéral. Un beau chemin de croix, de superbes vitraux à la gloire des saints ornent le chœur, les chapelles et autres parties de l’église.


Saint BEAT

Béat, dont on sait peu de choses, serait venu de Rome vers le milieu du Vème siècle pour évangéliser le pays Carnute, notre Beauce actuelle, entre la Loire et la Seine, autour de Chartres et Orléans. Épône se trouvait pratiquement en lisière de cette région où les druides, accourus de toute la Gaule, tenaient leurs assises annuelles. Cet ami des pauvres, en faveur desquels il s’était très vite dépouillé de tous ses biens, aurait aussi séjourné quelque temps à Nantes, avant de se retirer définitivement près de Vendôme pour y vivre en ermite.

C’est là qu’il serait mort, "après être parvenu à la plus haute sainteté". Son corps aurait été transféré plus tard à la cathédrale de Laon. Une autre version, qui vient justement de cette même localité, dit que Béat aurait été chassé de Vendôme par les Barbares et qu’il serait venu se réfugier à Chevresson, à l’est de la ville, dans une grotte, pour y vivre, là aussi, en ermite. Pas de haut fait, sinon cette légende qui rapporte comment Saint Béat combattit victorieusement le dragon, en l’occurrence le vieux culte celtique "sans doute représenté à Epône par une source sacrée descendant de la hauteur et que l’on conduira ensuite, baptisée source Saint Béat, devant l’église " (D. Bricon, op. cité)

Un autre Saint Béat, moine de Liebana dans les Asturies, mort vers 798 et toujours fêté en Espagne, a laissé des traces que l’on peut qualifier de beaucoup plus "palpables". Fin lettré, il doit surtout sa renommée à ses "Commentaires sur l’Apocalypse" dont on connaît vingt sept manuscrits, plusieurs d’entre eux ornés de miniatures et datant des Xème et XIème siècles.

Le petit village qui porte lui-même le nom de Saint-Béat, dans le sud de la France, non loin de l’Espagne, ne connaît cependant qu’un seul Saint Béat : celui auquel église d’Epône a été dédiée, comme le confirme la brève biographie (1) ramenée un jour par un paroissien de passage dans ce lointain village et que l’on peut lire à l’entrée de notre église.


Calendrier

« septembre 2017 »
L M M J V S D
28 29 30 31 1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30 1